Rafael LEWANDOWSKI vit actuellement à Varsovie. Il est né en 1969 en France d’une mère française et d’un père polonais. Il a réalisé, adolescent, des films amateurs en super 8, puis il s’est orienté vers des études de cinéma tout en devenant assistant sur de nombreux tournages. En 1996, il a été diplômé en Réalisation à La Fémis. Après avoir écrit et mis en scène des courts-métrages de fiction il s’est orienté vers le documentaire.

Rafal Lewandowski

En parallèle à l’élaboration de ces documentaires qui traitent en commun du rapport de l’individu à la mémoire, Rafael LEWANDOWSKI a recueilli pour les Archives de l’Histoire Audiovisuelle des Survivants de la Shoah (fondation créée par Steven SPIELBERG) une centaine de témoignages d’anciens déportés, de résistants et d’enfants cachés pendant la guerre.

Il a d’autre part consacré plusieurs films à la création artistique : Dans l’ombre de Don Giovanni (2003), De l’autre côté de la toile (2005), L’art du silence (2009), ainsi que des documentaires de commandes pour La Cinquième (émission d’Anne ANDREU Absolument Cinéma) et ARTE (programme Visages d’Europe). Ses films ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals à travers le monde (parmi lesquels Cinéma du Réel, New documentaries – MOMA, Traces de Vies, Entrevues, Amascultura, Festival du Film Juif de Varsovie, Doc Review, One World…) et ils ont été diffusés à maintes reprises à la télévision (France 2, Planète, La Cinquième, ARTE, Canal + Pologne, TVP, RTBF, RAI, TSR, Télévision Israélienne, Histoire…).

“La Dette” – Synopsis

Pawel, un jeune Polonais découvre que son père dont il avait toujours cru qu’il était un des héros du syndicat Solidarnosc 30 ans plus tôt, a peut-être dissimulé un passé moins glorieux, à la solde du régime. Leur relation est mise à mal et malgré des efforts des uns et des autres pour étouffer les fantômes du passé, ceux-ci vont tout de même ressurgir.


Fiche technique et artistique

Un film de Rafael LEWANDOWSKI (Pologne – 2010)
Titre original Kret – Titre anglais The Mole
Long métrage de fiction
Couleur – 108 minutes – Copies 35 mm et DCP
Version originale polonaise avec sous-titres français
Une coproduction Metro Films (Pologne), Kuiv Productions (France)
Réalisation : Rafael LEWANDOWSKI
Scénario : Iwo KARDEL et Rafael LEWANDOWSKI
Directeur de la photographie : Piotr ROSOŁOWSKI
Montage : Agnieszka GLIŃSKA
Musique originale : Jérôme REBOTIER
Son : Tomasz WIECZOREK, Agata CHODYRA, Mélissa PETITJEAN
Direction artistique : Jerzy TALIK
Producteurs : Marcin WIERZCHOSŁAWSKI et Jacek KUCHARSKI
Co-producteur : Mark EDWARDS

Avec :
Borys SZYC (Paweł), Marian DZIĘDZIEL (Zygmunt), Magdalena CZERWIŃSKA (Ewa), Wojciech PSZONIAK (Garbarek), Sławomir ORZECHOWSKI (Tadeusz), Bartłomiej TOPA (le syndicaliste), Jerzy JANCZAREK (Rysiek), Dariusz SZYMOR (Jan), Stanisława ŁOPUSZAŃSKA (la mère de Zygmunt), Michał ROLNICKI (Wojciech), Krystyna WIŚNIEWSKA-SŁAWEK (la mère d’Ewa), Juliusz Krzysztof WARUNEK (Roman).

 

Rappel historique

Juin 1987 :
Au cours de sa troisième visite dans son pays, Jean-Paul II est accueilli à Gdansk par un million de fidèles. Lors de son homélie, il déclare : “Je prie chaque jour pour l’action du grand mouvement Solidarność”. L’opposition se mobilise.

1988 :
De nouvelles grèves paralysent le pays. Le pouvoir demande à Lech Walesa de calmer les esprits. Ayant reçu l’assurance que Solidarność sera légalisé, celui-ci conseille aux grévistes d’arrêter le mouvement. Son appel est entendu.

1989 :
Avec l’aval de Gorbatchev, des négociations sont menées entre le pouvoir et l’opposition. Elles aboutissent à la création de la “Table Ronde” qui élabore les conditions de la tenue d’élections libres en Pologne. Le modèle testé est celui d’une réduction limitée de l’hégémonie du Parti Communiste, afin de permettre une évolution en douceur du système politique. Malgré les gardes fous censés protéger ses candidats, le pouvoir subit une sévère défaite. Solidarność devient largement majoritaire à la Sejm, l’assemblée nationale polonaise. Tadeusz Mazowiecki (l’un des fondateurs du KOR) est nommé Premier Ministre. En état de faillite, la Pologne s’engage dans des réformes radicales qui lui font adopter en quelques mois l’économie de marché. Le résultat est spectaculaire, mais les conséquences sociales sont douloureuses pour la population.

Fin 1989 :
Chute du Mur de Berlin. Vaclav Havel est élu à la présidence de la Tchécoslovaquie. Un peu plus tard, la Hongrie enterre sa République Socialiste.

1990 :
Les élections présidentielles, que remporte Lech Walesa, mettent à jour de profondes dissensions au sein de Solidarność. La coalition politique qui en est issue (et qui s’étend de la gauche libérale à la droite nationaliste) se désintègre peu à peu.

Août 1997 :
Vote à la Sejm de la première loi de “Lustration”. Dans les pays de l’ancien bloc communiste, ce terme désigne le processus de dévoilement de l’identité des personnes ayant collaboré avec l’ancien pouvoir totalitaire. Fruit d’un compromis entre les partis issus de Solidarność et les sociaux-démocrates (ex-communistes), la législation polonaise n’a rien de la radicalité de celle adoptée dans les pays voisins. Elle condamne plus le fait de mentir sur son passé que d’avoir été membre des services secrets du régime communiste.

Mai 2007 :
Le gouvernement polonais élabore une loi obligeant 700 000 Polonais à déclarer ouvertement leur collaboration avec les services secrets du régime communiste entre 1945 et 1989. Cette nouvelle lustration a été conçue par les deux frères Lech et Jarosław Kaczyński du parti de la droite conservatrice Loi et Justice, qui vient de remporter les élections en promettant de “nettoyer enfin la Pologne de son passé”. Les personnes concernées par la loi doivent soumettre leur déclaration à l’Institut de la Mémoire Nationale. Le fait de mentir ou de refuser l’aveu entraîne de lourdes conséquences. Cette nouvelle législation divise la Pologne. Le débat est lancé sur l’ouverture au grand public des archives de l’ancien pouvoir. Certains y voient l’unique moyen d’accéder enfin à la vérité ; d’autres s’effraient des conséquences de l’atteinte à la vie privée des citoyens qu’elle représente, surtout à l’encontre des anciennes victimes de la répression…

Juin 2007 :
Le tribunal de Katowice juge coupables les responsables du massacre de la mine Wujek. Ce verdict fait suite à deux procès ayant abouti par le passé à des non-lieux. La condamnation des anciens miliciens est entérinée en avril 2008 par la Haute Cour de Justice Polonaise.

Récompenses

  • Prix du Meilleur Second Rôle Masculin pour Marian DZIĘDZIEL au 36ème Festival du Film Polonais.
  • Prix d’Interprétation Masculine pour Borys SZYC au 35ème Festival des Films du Monde.
  • Prix du Public au 30ème Festival des Premiers Films Polonais de Koszalin.
  • Grand Prix «Hollywood Eagle Award» au 12ème Festival des Films Polonais de Los Angeles.
  • Grand Prix du 2ème Festival des Producteurs Reggio Fun de Katowice (Pologne).
  • Prix du Public & Prix du Syndicat Français des Journalistes de Cinéma au 12ème Arras Film Festival.
  • Prix du Meilleur Acteur (Marian DZIĘDZIEL) & Prix de la découverte de l’année au 9ème Festival du Film Polonais Prowincjonalia.
  • Nomination pour l’Aigle 2012 (Césars polonais) du Meilleur Second Rôle Masculin (Wojciech PSZONIAK).
  • Rafael LEWANDOWSKI a été lauréat 2011 dans la catégorie Film du prestigieux Prix «Paszport» décerné chaque année par l’hebdomadaire polonais Polityka.

Ressources: www.ladette-lefilm.com

Ces articles pourraient aussi vous plaire :