Le Figaro, dans son article du 24/01, intitulé «L’Europe veut plus de voitures “propres” », nous informe que La Commission Européenne espère passer de près de 12.000 bornes pour voitures électriques en 2011 à plus de 790.000 à l’horizon 2020.

Bruxelles veut faire rouler les Européens en voiture électrique. Siim Kallas, vice-président de la Commission européenne, a présenté ce jeudi un plan visant à doper les véhicules «propres». «Le développement de carburants innovants et de substitution est un moyen évident de rendre l’Europe plus économe en ressources, de réduire notre trop grande dépendance au pétrole», a-t-il déclaré. Outre les biocarburants, le gaz naturel liquéfié (GNL) et la voiture à l’hydrogène, ce plan mise particulièrement sur la voiture électrique. «D’ici à 2020, le nombre de véhicules électriques en circulation en Chine et aux États-Unis devrait atteindre plus de 6 millions au total, selon les projections de ces deux pays. C’est pour l’Europe une excellente occasion de se positionner solidement sur un marché mondial en plein essor», selon Siim Kallas.

L’objectif de Bruxelles est ambitieux: faire passer le nombre de bornes pour voitures électriques à travers l’Europe de près de 12.000 en 2011 à plus de 790.000 points de charge à l’horizon 2020. Au moins 10% de ces stations devront être accessibles au public, notamment dans les supermarchés. «Un nombre minimum de bornes sera imposé à chaque État membre», précise un mémo de la Commission européenne. En incluant les équipements privés, par exemple au sein d’entreprises, le parc de bornes devrait dépasser les 8 millions.

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Ce plan est d’autant plus ambitieux que certains pays sont totalement dépourvus d’équipement. À l’image de la Suède, qui, en ne comptant aucune borne en 2011, fait figure de mauvais élève. Bruxelles voudrait que le royaume s’équipe de 14.000 points de charge d’ici à sept ans. En tête de peloton, l’Allemagne comptait 1937 bornes l’année dernière, suivie des Pays-Bas (1700) et de la France (1600). Pour l’Hexagone, la Commission vise un réseau de 97.000 bornes en 2020. Un objectif bien inférieur à celui que s’est fixé Paris. La France, en effet, espère voir rouler 2 millions de véhicules électriques dans le pays à cet horizon et mise sur un réseau de 400.000 bornes ouvertes au public. Outre les primes à l’achat de ces modèles et autres avantages, le gouvernement va investir plus de 450 millions d’euros pour installer des infrastructures de charge dans 25 des plus grandes régions urbaines du pays d’ici à 2014.

Mêmes prises pour tous

Au total, la Commission estime que son projet de développer le réseau de bornes en Europe coûtera 8 milliards d’euros. Une facture qu’elle compte bien épargner aux États, tout du moins en partie. «Notre objectif est de mettre en place un réseau de points de charge de taille critique afin que ce projet puisse intéresser des investisseurs et entreprises privés», lit-on dans son mémo.

Toujours est-il que renforcer le maillage de bornes à travers le continent ne sera pas suffisant pour permettre aux automobilistes de faire le tour de l’Europe en voiture électrique. «D’un point de vue technique, il existe deux types de points de charge en Europe», note la Commission. «Ce qui signifie qu’un automobiliste qui passe de la France à l’Allemagne pourrait ne pas pouvoir recharger sa voiture!» C’est pourquoi Bruxelles propose de «mettre en place des normes communes pour toutes les prises des bornes d’ici à fin 2015». La prise dite de «type 2» a finalement été choisie, a annoncé Siim Kallas.

Un point qui risque de faire grincer des dents les États qui sont bien avancés dans le développement de leurs infrastructures, et notamment la France ou le Royaume-Uni, qui n’ont pas opté pour le système de «type 2». Selon le vice-président de la Commission, «s’adapter ne sera pas un problème pour ces pays qui auront assez de temps pour changer leurs prises existantes». Un argument que devra digérer la filière française déjà solide en matière de bornes. Outre les géants Schneider et Legrand, des PME sont devenues des références dans le secteur, comme le leader DBT à Douai (Nord), mais aussi l’alsacien Hager ou SaintrOnic à Saintes (Charente-Maritime).

Source: Le Figaro , par Isabelle de Foucaud.

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