Chaque année, Washington accueille des délégations de responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé et de la société civile, des membres des médias et d’autres observateurs à l’occasion des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI. Le Comité du développement – forum conjoint de la Banque mondiale et du FMI – et le Comité monétaire et financier international du FMI, font le point sur les activités des deux institutions. Les Réunions de printemps donnent également lieu à des discussions sur les régions, des conférences de presse et bien d’autres sessions consacrées à l’économie mondiale, au développement international et aux marchés des capitaux internationaux.

L’économie mondiale connaît une reprise « timide », mais reste exposée à des risques considérables, avec de sombres nuages à l’horizon, a noté Christine Lagarde, Directrice générale du FMI dans son discours d’ouverture des Réunions de printemps, le jeudi 19 avril 2012 (cf. vidéo ci-dessous).

Mme Lagarde a déclaré qu’une action collective des dirigeants mondiaux était nécessaire et que la zone euro était l’épicentre du risque, en ajoutant que l’action menée au cours des six derniers mois a montré la forte détermination à défendre la monnaie commune. Selon Mme Lagarde, les sombres nuages qui plombent l’horizon de l’économie mondiale sont le chômage élevé qui persiste dans de nombreuses régions du monde, et pas seulement dans les pays avancés, la croissance qui reste faible, l’inversion du levier financier des banques, le regain de tensions financières dans la zone euro et la hausse des cours du pétrole.

Action collective

Dans un discours prononcé le 12 avril, Mme Lagarde avait évoqué la possibilité d’assister à un «tournant de Washington» et encouragé les dirigeants à saisir l’occasion. Le 17 avril, le FMI annonçait avoir obtenu la promesse de la Pologne de contribuer à hauteur de 8 milliards de dollars (soit 6,3 milliards d’euros) supplémentaires à l’augmentation des ressources de l’institution, après ceux la même semaine du Japon et des pays scandinaves. “J’accueille chaleureusement l’engagement pris aujourd’hui par les autorités polonaises. Cet engagement démontre la volonté de la Pologne de soutenir l’effort de coopération en cours pour renforcer la stabilité économique et financière mondiale dans l’esprit du multilatéralisme”, a-t-elle déclaré.

Cette contribution, ajoutée à celles du Japon (60 milliards de dollars), de la Suède, de la Norvège et du Danemark (26 milliards de dollars) et des pays de la zone euro (150 milliards d’euros), portent à 292 milliards de dollars les sommes glanées par le FMI ces derniers mois.

Dans cette même optique, Mme. Lagarde a déclaré lors de l’ouverture des Réunions de printemps qu’une action collective était nécessaire parce que tous les participants à l’économie mondiale devaient s’attaquer à leurs problèmes respectifs. Mme Lagarde a noté que les gouvernements de la zone euro avaient adopté un «ensemble exhaustif» de mesures incluant:

  • une action au niveau national, souvent avec de nouveaux gouvernements ;
  • le pacte budgétaire : une meilleure gouvernance, plus de discipline, des sanctions plus rigoureuses ;
  • une participation importante des institutions européennes, en particulier de la Banque centrale européenne ;
  • une nette amélioration du pare-feu européen.

Mme Lagarde a encouragé les pays de la zone euro à exécuter les réformes annoncées et à approfondir l’intégration de la zone à de multiples niveaux. Mais elle a souligné que les autres régions devaient agir aussi. Certains pays émergents doivent se recentrer sur leur croissance intérieure, «qui doit reposer non seulement sur l’investissement, mais aussi sur la consommation, ce qui exige des réformes intérieures importantes et approfondies». D’autres pays émergents doivent bien gérer les flux de capitaux et accepter l’évolution de leur monnaie le cas échéant, a ajouté Mme Lagarde.
Les pays touchés par le printemps arabe devront être soutenus pendant leur transition, pour ce qui est de la gestion de leurs ressources naturelles et de leur accès aux marchés mondiaux. Les pays à faible revenu pourraient enregistrer une baisse des apports d’aide et des envois de fonds, ce qui réduirait leur marge de manœuvre.

Pare-feu mondial

Mme Lagarde a déclaré que le FMI devait participer à l’effort de redressement international en accroissant sa puissance de feu pour assurer la stabilité de l’économie mondiale. «C’est pourquoi nous nous attendons à ce que notre puissance de feu soit accrue sensiblement à l’issue de ces réunions de printemps».
Le FMI prône la mise en place d’un pare-feu mondial plus solide, doté de ressources supplémentaires, pour contenir toute nouvelle crise financière. Le soutien financier promis par les pays membres du FMI avoisine aujourd’hui 320 milliards de dollars, un montant qui devrait augmenter pendant les réunions de printemps.
Outre une augmentation de la puissance de feu du FMI, Mme Lagarde a déclaré qu’elle attendait quatre résultats concrets des réunions de printemps :

  • Obtenir les fonds supplémentaires pour le fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance — les ressources mises en commun que le FMI utilise pour accorder des prêts concessionnels aux pays à faible revenu ;
  • Avaliser une meilleure stratégie de surveillance multilatérale, qui met l’accent sur les interconnexions et les effets d’entraînement ;
  • Bien avancer dans le processus de mise en œuvre des réformes des quotes-parts et de la gouvernance du FMI afin de mieux refléter le poids des pays membres de l’institution ;
  • Veiller à ce que tous les ministres et gouverneurs qui participent aux réunions de printemps rentrent dans leur pays en ayant plus d’énergie et en comprenant bien que tout le monde doit participer à la résolution des problèmes mondiaux.

En réponse à des questions de journalistes, Mme Lagarde a salué les mesures que l’Espagne a prises pour renforcer son secteur bancaire et a répété qu’elle notait avec satisfaction que les autorités chinoises avaient décidé d’élargir la bande de fluctuation du renminbi, ajoutant que l’internationalisation de la monnaie chinoise était un objectif souhaitable. Mme Lagarde a noté que le FMI était en train de négocier un programme avec les autorités égyptiennes et qu’il cherchait à obtenir une adhésion politique nationale. «Nous nous employons autant à aider l’Égypte et les autres pays du printemps arabe qu’à aider nos autres pays membres». En ce qui concerne la Jamaïque, Mme Lagarde a noté que le programme avait dérapé, mais que le FMI examinait avec les autorités comment le remettre en place.


Pour aller plus loin:

 


2012 Spring Meetings Opening Press Briefing by IMF Managing Director Christine Lagarde, April, 19th 2012

Presentation on European Crisis Countries (Greece, Portugal, Ireland), April, 20th 2012


Source: FMI

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