Le Centre Georges Pompidou propose une exposition dédiée à la sculpteuse avant-gardiste polonaise, d’origine juive, Alina Szapocznikow.

Suite à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie, la famille Szapocznikow est retenue dans le ghetto de Pabianice, puis dans celui de Lódz avant d’être envoyée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen. Alina est alors adolescente. Dans le camp, elle est amenée à travailler en tant qu’infirmière auprès de sa mère, médecin.

Sa découverte du monde de l’art: 

Une fois la guerre finie, elle part pour Prague où elle découvre la sculpture auprès de Josef Wagner et y est initiée. En 1947, elle arrive à Paris où elle poursuit ses études à l’École des Beaux-Arts. En 1951, sa carrière officielle débute, accompagnée d’importantes commandes, lorsqu’elle revient s’installer en Pologne. En 1962 elle expose ses œuvres lors de la Biennale de Venise puis retourne vivre à Paris en 1963, avec son mari l’artiste graphique polonais, Roman Cieslewicz.

C’est à cette époque que son œuvre et sa créativité s’épanouissent véritablement dans la vibrante capitale française. Tout comme Rodin en son temps, elle travaille sur le corps humain, surtout le sien, en le désarticulant, l’explorant jusqu’aux moindres détails.

En 1969, on lui diagnostique un cancer. Jusqu’à sa disparition en 1973, elle fait preuve d’une créativité débordante et intense, notamment avec ses œuvres Fétiches, réalisées à l’aide de moulages de fragments corporels et d’objets divers.

Après son décès, une grande exposition lui est consacrée par le critique d’art, Pierre Restany.

Par la suite, jusqu’en 2011, on n’en entend pas souvent parler…

Notre redécouverte de son œuvre: 

Le Centre Georges Pompidou revient vers Alina Szapocznikow et offre aux visiteurs plus d’une centaine de dessins de l’artiste ainsi que de nombreuses sculptures, pour pouvoir embrasser et appréhender une partie de son œuvre.

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“Du dessin à la sculpture”, s’ouvrant sur des dessins du début de sa carrière, est une exposition qui se concentre sur les années parisiennes, les plus fécondes et créatives de sa carrière d’artiste.

Ses œuvres graphiques de très grande qualité explorent le corps humain, le démembrant et le reformant, en allant jusqu’à frôler le surréalisme.

“Du dessin à la sculpture” a lieu du 27 février au 20 mai au cabinet d’Art Graphique du CentreSzapocznikow au Centre Pompidou.

L.Drozdowski

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