Les festivités sonnant le coup d’envoi de Wroclaw, Capitale Culturelle Européenne 2016 ont démarré le 18 Janvier 2016.

Après 6 mois de célébrations, 650 événements ont déjà eu lieu et presque autant d’activités attendent les visiteurs lors des six prochains mois.

Tibor Navracsics, commissaire européen à l’Education, la Culture, la Jeunesse et les Sports, présent lors de la cérémonie d’ouverture explique qu’“être une Capitale Culturelle Européenne aide à renforcer le sens communautaire des villes et amène des bénéfices sur le long terme aux habitants et à leurs économies.”

Co-désignée Capitale Culturelle 2016 avec la ville de San Sebastian en Espagne, Wroclaw est la quatrième ville de Pologne avec 630 000 habitants, une vitrine économique avec 3.2 % de chômage, ses 130 000 étudiants et son image de ville ouverte et accueillante.

Même si en Janvier, le nouveau gouvernement polonais a pu prendre position contre des œuvres jugées “trop peu patriotiques”, aucun changement de programmation n’a été imposé selon la Mairie.

 L'une des nombreuses performances lors de Wroclaw Capitale Culturelle 2016/Source: Wroclaw 2016


L’une des nombreuses performances lors de Wroclaw Capitale Culturelle 2016/Source: Wroclaw 2016

Riche d’une histoire pluri-centenaire, Wroclaw a présenté sa candidature pour devenir Capitale Culturelle en 2008.

Intitulé “Spaces for beauty” (“Espaces de beauté), ce projet a de nombreux objectifs mais celui sur lequel les organisateurs insistent le plus est la réappropriation de la ville par ses habitants.

Magdalena Babiszewska du service presse du programme Wroclaw, Capitale Culturelle Européenne 2016, explique : “Wroclaw, en tant que Capitale Culturelle 2016, insiste sur le fait d’inviter tous les groupes sociaux à participer à cette célébration culturelle. Depuis le début, de nombreuses activités ont été créées pour les seniors, pour les gens avec des handicaps, pour les familles et pour ceux qui se trouvent souvent aux marges d’autres groupes sociaux, ainsi que pour tous ceux qui, pour une raison ou une autre, peuvent se sentir culturellement exclus.”

Marta Kepa, chef du projet impliquant les citoyens de la ville dans les festivités, le dit elle-même : “Pour chaque appel à candidature que nous avons ouvert au public, nous avons reçu plus de 100 projets à chaque fois, de la part de citoyens ordinaires.”

Le rôle de Kepa et de son équipe est de soutenir les projets qui ont été choisis en aidant leurs initiateurs dans le financement et l’organisation (louer l’équipement, l’administration…), à travers le projet “microGrants”, qui permet aux citoyens de recevoir l’aide dont ils ont besoin pour transformer leurs projets en réalité.

Il y a eu quatre séries de submissions ouvertes au public via une plateforme Internet dédiée.

Kepa explique qu’il est très simple de soumettre un projet, il suffit de remplir un document d’une page environ en expliquant le projet pensé et la façon envisagée de le réaliser.

“Nous sommes vraiment surpris et heureux de l’implication des gens. Jusqu’ici, plus de 400 projets ont été présentés via notre plateforme en ligne, et nous en avons choisi 40 que nous avons aidé à réaliser,” dit Kepa.

Le plus intéressant, d’après elle, est que les gens qui ont soumis des projets sont principalement des gens au-dessus de 60 ans et des jeunes de moins de 30 ans.

“Les projets que je préfère sont ceux qui présentent l’histoire d’un quartier ou d’une rue à travers les histoires des personnes âgées et ceux qui tentent de rapprocher les gens d’un même endroit.”

Wroclaw a prévu plus de 1000 événements culturels tout au long de l’année, pilotés par 8 commissaires, un pour chaque thème : l’architecture, le théâtre, la musique, la littérature, l’opéra, les arts visuels, le cinéma et les performances artistiques.

Selon Babiszewska, il y a eu 2.1 millions de participants, spectateurs et visiteurs entre Janvier 2016 et Juin 2016 et ils en espèrent autant pour les 6 prochains mois.

Le titre de Capitale Culturelle fête cette année sa 31ème bougie, un programme dont la popularité ne se dément pas depuis sa mise en place en 1985.

D’après Nathalie Vandystadt, porte-parole de la commission européenne, être désigné Capitale Culturelle de l’année apporte de nombreux bénéfices aux villes : “Bien sûr, tous les avantages ne sont pas forcément visibles tout de suite,” explique Vandystadt, “mais sur le long terme, les bénéfices peuvent se comprendre en termes de bâtiments restaurés, de développement de nouvelles infrastructures culturelles, de nombre de visiteurs par an ou dans l’augmentation du nombre d’étudiants Erasmus qui viennent étudier dans l’une de ces villes, entre autres,” explique Vandystadt.

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Source: Wroclaw 2016

Ces dix dernières années, selon Vandystadt, une nouvelle tendance a émergé parmi les villes qui présentent leurs projets : être plus stratégiques dans leur approche, avec des présentations qui présentent des programmations plus structurées, se focalisant aussi sur les bénéfices que la ville peut retirer dans le long-terme et qui touche aux enjeux culturels, sociaux et économiques.

“Notre expérience démontre que le succès d’un projet dépend en grande partie de l’équilibre entre la qualité des événements culturels, le support des autorités politiques et de la ville elle-même, ainsi que l’implication des entreprises locales,” explique Vandystadt.

Elle précise que les mairies et autorités locales impliquées dans ce programme doivent clairement indiquer leur implication financière très tôt (en moyenne, selon Vandystadt, 77 % des budgets proviennent de fonds public).

Par Marion Ghibaudo

 

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