Aneta Grzeszykowska est née en 1974, Varsovie, Pologne – Vit à Varsovie, Pologne
Le point de départ du travail d’Aneta Grzeszykowska est l’image, photographie ou vidéo, prise aussi bien dans sa dimension documentaire que dans sa capacité à transformer la réalité. Si son travail relève de la performance, mettant en jeu son propre corps, elle n’hésite pas à faire usage de manipulations élémentaires à l’heure de Photoshop et Second Life. Dans Headache, un corps nu et clair de femme (celui de l’artiste), évolue sur un fond noir, sans repère. Ce noir est la condition pour qu’opère l’illusion: il délocalise le corps et lui confère une dimension de quasi-objet qui rend alors tout à fait plausible son démembrement. Tronçonné net, chaque membre est doué d’une activité autonome, adoptant une démarche décidée, à l’allure presque animale, exprimant une sorte de rage contre ses semblables, martyrisant la tête : la main tire ses cheveux, la tête crache dans la main, la main gifle la tête, et les quatre membres s’allient pour frapper cette tête qui souffle et souffre, tombe inanimée, est tirée par les cheveux pour rejoindre tronc, jambes et bras en un corps ré-apprivoisé, tombé dans un état larvaire, mais complètement désaxé. L’aspect surréaliste et presque «cartoonesque» de la scène tranche avec le traitement naturaliste de l’image qui place le corps de front, sous une lumière crue. Dans cette relation violente entre la tête, – victime passive, incapable de se défendre –, et le reste du corps s’exprime une sorte de revanche des parties une fois désolidarisées de leur chef. Cette déconnexion physique entre les membres fait probablement écho à une forme de discontinuité psychique de la personnalité. Passant par l’exhibition de soi, les parties du corps de l’artiste sur cette surface déréalisante manifestent une forme d’objectivation et d’auto-analyse. Au-delà de la dimension onaniste évidente, on peut comprendre cette mise en scène solitaire comme une métaphore sur l’ambivalence des relations de dépendance et d’autonomie des parties isolées d’un ensemble qui les organise, sur les articulations du pouvoir et de la subjectivité.
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Accès: La Triennale
8 euros / 6 euros / gratuit
Tous les jours sauf le mardi.
Le billet d’entrée permet un accès gratuit au programme des événements du même jour.
Tarif réduit : moins de 26 ans, familles nombreuses, enseignants, détenteurs d’un billet d’entrée à Monumenta 2012 – Daniel Buren.
Gratuité : moins de 18 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux, bénéficiaires du minimum vieillesse, personnes en situation de handicap et accompagnateurs.
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Source: Site de la Triennale