Le 28 octobre 2011, lors de la 30ème Université de la Communauté Franco-Polonaise, Marcin Libicki, historien de l’art, ancien député au Parlement de la République de Pologne et au Parlement Européen, s’exprimait sur la noblesse polonaise: ses origines, ses différenciations et sa fin. La Communauté Franco-Polonaise nous propose aujourd’hui une retranscription de cette conférence: accéder à l’article original.

« La monarchie et la noblesse – deux lions nés le même jour. »
William Shakespeare

L’aristocratie constituait l’élite naturelle des communautés de la civilisation européenne et, malgré des différences de forme d’une communauté à l’autre, elle a toujours été considérée comme la couronne de la société. La notion d’élite en Grèce s’exprimait par les mots aristoi kai demos ( les meilleurs et le peuple ), à Rome par le sénat avec le peuple romain – Senatus Populusque Romanus. Au Moyen-Âge, l’élite européenne était représentée par la chevalerie, puis par la noblesse qui était sa continuation naturelle et enfin par les propriétaires terriens. Le trait qui caractérisait cette élite était l’hérédité des biens et des privilèges au fil des siècles. Dans l’Europe médiévale, dont l’élite a subsisté en grande partie jusqu’ à nos temps, c’était le résultat de la division traditionnelle de la société en trois états: les priants – les ecclésiastiques, les guerriers – la chevalerie et la classe laborieuse – la bourgeoisie et les paysans.

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En Pologne, l’état nobiliaire a été inclus dans le cadre juridique de la constitution Nihil Novi de 1505 et a subsisté sous une forme presque inchangée jusqu’à la constitution du 3 Mai 1791. Les privilèges de base propres à la noblesse étaient les allégements fiscaux, le droit à la possession de la terre et le libre accès aux dignités ecclésiastiques et publiques. À cela s’ajoutait l’interdiction d’emprisonnement des représentants de la noblesse sans verdict d’un tribunal. Ces privilèges leur donnaient obligation de se présenter armés en cas d’expédition militaire. Le non-respect de cette obligation entraînait la confiscation des biens. Ceci avait encore lieu au XVIIe siècle. Les privilèges concernaient toute la noblesse polonaise et n’introduisaient pas de différenciation en son sein, ce qui était un phénomène original par rapport aux d’autres pays d’Europe. C’est de là que vient le proverbe polonais „ Un noble est l’égal d’un palatin« .

La raison pour laquelle les nobles polonais étaient convaincus de leur égalité naturelle était l’absence de titres aristocratiques héréditaires dans la première République, à l’exception des titres princiers reconnus dans le cadre de l’Union Pologne-Lituanie. Ces titres concernaient des familles russes et lithuaniennes d’origine dynastique et celles dont les titres avaient été accordés par exemple par la Diète (famille des Poninski, Sapieha et Poniatowski) et par le Saint-Empire (famille des Sułkowski, Jabłonowski et Lubomirski).

Mais l’égalité théorique ne recouvrait pas une égalité de patrimoine. Ainsi, dans la seconde moitié de XVIIIe siècle, les revenus de prince Karol Radziwill, surnommé „Panie Kochanku”, étaient d’environ 5 millions de zlotys par an, tandis que ceux d’un hobereau de Grabienice Małe en Mazovie étaient de 50 zlotys.

Cette égalité théorique avait aussi son importance pratique, ce que montre le nombre significatif de grandes carrières de la très petite noblesse qui auraient été beaucoup plus difficiles et peut être même impossibles sans son appartenance à l’état bénéficiant de privilèges. À titre d’exemple, nous évoquerons les Jabłonowski, qui ont laissé à Jabłonowo, sur la terre de Rawa, à l’ouest de Varsovie, leurs pauvres collatéraux : Stanisław Jan Jabłonowski accéda en 1683 à la position de grand hetman de la couronne, Jan Kajetan Jabłonowski au titre de prince en 1744 et à celui de Grand d’ Espagne vers le milieu du XVIIIème siècle. Ils se sont aussi alliés avec des maisons souveraines. Un autre exemple est celui d’Aleksander Gosiewski, palatin de Smolensk et commandant de la garnison polonaise au Kremlin dans le années 1610 et 1611, qui a laissé sa famille la plus proche sur des petits lopins de terre de Gosie, ou celui des comtes Przeździecki dont les cousins lointains, jusqu’à une époque récente, étaient de simples gentilshommes à Przeździeck, un village proche de Łomża.

On peut aussi évoquer les débuts d’une célèbre famille de comtes allemands : les York von Wartenburg. Son fondateur, Jan Gostkowski, issu de la petite noblesse polonaise des environs de Bytów en Poméranie, afin de se distinguer des nombreux hobereaux du nom de Gostkowski, avait adopté le surnom de Jerzyk, en «cachoubien» Jerk. À l’époque de sa carrière dans l’armée prussienne, il a d’abord perdu le nom de Gostkowski. Ensuite, dans le surnom Jerk, il a remplacé la lettre „J” par un « Y » et la lettre „e” par un „o”. Après la bataille de Leipzig, dans laquelle il a remporté une victoire sous le château de Wartenburg, il a reçu du monarque prussien le titre de comte avec le nom « von Wartenburg », puis il a demandé de mettre sur ses armes ancestrales le blason des princes de York qui vivaient au XIIIe siècle en Angleterre. C’est ainsi que Jan Jerzyk (vel Jerk) Gostkowski est devenu le comte Hans York von Warterburg et que ses descendants actuels prétendent être issus des princes de York qui, selon eux, auraient jadis migré d’Angleterre, en passant par la Scandinavie, jusqu’en Poméranie polonaise.

En comparaison avec d’autres pays européens, la noblesse polonaise était plus nombreuse. En Allemagne, elle constituait de 1 à 3% de la population, de même qu’en France et en Russie (sans compter les territoires polonais annexés par la Russie). En Angleterre, la notion juridique de noblesse, au-delà des descendants ayant droit à porter un titre, a entièrement disparu. En Pologne la noblesse représentait de 7 à 9% de la population totale du pays, et en Mazovie jusqu’à 23-25%. En France une grande partie de la noblesse était représentée par des familles anoblies par la robe (la noblesse de robe se distinguant de la noblesse d’ épée ), tout comme en Russie où un nombre significatif de nominations par la robe date de l’époque de Pierre I. En Pologne presque toute la noblesse prétendait être issue de l’ancienne chevalerie depuis des temps immémoriaux. La proportion des usurpations de titres étant difficile à mesurer, les anoblissements influençaient très peu ce statut quo.

Un phénomène propre à la Pologne et qui se produisait très rarement dans d’autres régions appartenant au même cercle de civilisation, à l’exception de certaines provinces espagnoles et bretonnes, est le grand nombre de nobliaux qui ne se différenciaient guère des paysans sur le plan de la fortune. Ce phénomène, présent sur toutes les terres de la République Polonaise, était plus particulièrement caractéristique de la région de Mazovie. Cette situation était le résultat de la démarche des princes de Mazovie au XIIIe siècle, à l’époque où en Pologne les titres de propriété se sont définitivement formés. Les princes de cette région, excepté des cas de donations de terre individuelles, faisaient plus souvent qu’en d’autres régions de Pologne des donations à des familles. Cela conduisait directement à la division de la terre entre les différents membres de la même famille (une sorte de clan) qui étaient souvent très nombreux. Les héritiers de ces donations, tout en gardant l’intégralité de leurs droits nobiliaires, habitaient jusqu’à notre époque dans des chaumières qui n’étaient guère différentes de celles des paysans. Cependant, une grande partie de la terre était réservée aux donations individuelles et c’étaient les successeurs de ces bénéficiaires qui habitaient les châteaux et manoirs de Mazovie.

Un second trait spécifique de la noblesse polonaise était sa conviction d’avoir une origine légendaire et même biblique. Ainsi, d’ après une légende largement répandue, elle descendait d’un peuple représentant la civilisation suprême. Ce peuple aurait jadis conquis les peuples locaux, devenus par la suite des paysans. Les conquérants auraient alors formé la couche de la noblesse. C’étaient bien évidemment des Sarmates et peut – être aussi des Vikings et des Scythes. L’origine biblique de la noblesse, qui serait issue du fils de Noe, Jafet, était une conception encore plus attirante. Introduite par Paprocki, un historien de XVIème siècle, cette théorie était proclamée par Messire Onufry Zagłoba – le fameux héros d’un roman de Henryk Sienkiewicz.

Remarquons également qu’en Europe de l’Ouest, on reconnaissait l’égalité des familles dynastiques avec celle des familles nobles. Il ne pouvait en être autrement, car l’histoire était suffisamment récente pour qu’on sache bien de qui descendaient les Habsbourg, les Bourbons, ou les Tudors. Ils émanaient de la noblesse et seuls le couronnement et l’onction, considérée comme un huitième sacrement, distinguaient les monarques (c’est de là que vient l’expression Primus Inter Pares – le premier entre les égaux). Charles X, le dernier Bourbon, qui descendait des Capétiens installés sur le trône de France, était oint comme tous ses prédécesseurs avec l’huile de l’ampoule apportée du Ciel par la pigeonne pour l’onction de Clovis, le premier roi des Francs, en 496 à Reims. La famille polonaise des Piast, dont l’ascendance était honorablement connue comme paysanne ou artisanale, constituait une exception intéressante à cette règle. Piast Kołodziej, le fondateur de la dynastie, une figure sans aucun doute authentique du IXe siècle, habitait dans les environs du château princier de Popiel. C’est dans sa simple demeure que sont venus des envoyés du Ciel, afin de tondre son fils Ziemowit, indiquant de cette manière la volonté de Dieu que ce soit la progéniture de Piast (et non celle des princes Popiel) qui monte sur le trône de Pologne. Cette ascendance paysanne de la dynastie des Piast, distinguée par l’intervention divine, représente donc une exception polonaise sur le fond des dynasties européennes.

Cette question de la «prédilection divine» de la Pologne a été soulevée tout au long des siècles : par le prêtre Wojciech Dębołęcki au XVIIe siècle, par le messianisme de nos romantiques et au cours des vingt ans de L’Entre-deux-guerres, quand Stanisław Szukalski, un sculpteur et visionnaire réputé, a appelé l’aigle polonais «Bógorzel» , dieu et aigle à la fois, et projeté la construction d’un mausolée de Piłsudski appelé Duchtynia – le Temple d’Esprit. à côté du Wawel.

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Revenons aux réalités. Ce système de sociétés constituées par des états, qui a bien fonctionné à travers les siècles et a été approuvé par les nations, a commencé à s’effondrer au XVIIIe siècle, à l’époque des Lumières. Sur les terres polonaises soumises dès la fin du XVIIIe siècle à différentes autorités étrangères, la situation se présentait différemment dans chacun des territoires annexés.

Sur le territoire annexé par la Russie, l’Insurrection de Novembre a été le dernier grand acte politique dans lequel la société polonaise s’est présentée organisée selon la structure des états de la Ière République. Même si l’étincelle de l’Insurrection est venue de la révolte des cadets, le pouvoir politique était à l’évidence entre les mains de la noblesse et des grandes familles et incarné par la Diète et le Sénat. L’armée, qui gardait toujours sa structure de classe, restait l’instrument de la réalisation des buts politiques. Le changement est venu peu après, dans la génération suivante, et a distingué l’Insurrection de Novembre de celle de Janvier. Dans l’Insurrection de Janvier, les décisions politiques étaient prises par, comme on dirait aujourd’hui, les „leaders de la société” arrivés au pouvoir indépendamment de l’état dont ils provenaient. Ensuite le désordre s’est aggravé et les querelles qui partageaient la société polonaise concernaient aussi bien les classes sociales que les groupes politiques. Les polémiques entre socialistes, la démocratie nationale et les autres partis étaient fort loin de présenter l’image harmonieuse de la société des états.

Sur le territoire annexé par l’Autriche, le massacre galicien en 1846, indépendamment du fait qu’il ait été inspiré par l’Autriche, a clairement montré que la société locale était devenue une société de groupes, de classes et de nations en conflit et qu’elle avait cessé d’être une société des états fondée sur un consensus. Cette vie politique en Galicie s’est intensifiée jusqu’à la première guerre mondiale, ce dont témoignent les conflits incessants entre propriétaires terriens, paysans et socialistes ou les conflits entre gréco-catholiques et orthodoxes. Le prêtre Stanisław Stojałowski, le défenseur du peuple excommunié en 1896, est un exemple de ce qui se passait dans la politique galicienne. Le drame de Wyspiański, Les Noces, montre bien cet état de disharmonie sociale et mentale.

Il faut noter à quel point le territoire annexé par la Prusse, avec sa région pilote de Grande Pologne, se différenciait profitablement des autres paries des terres polonaises du XIXème siècle. Celle-ci avait gardé la structure des états de la Première République jusqu’au début du XXe siècle. Le pouvoir spirituel et économique était toujours exercé par la noblesse et par l’Église sans qu’il n’y ait de graves conflits sociaux ou politiques. Il suffit de comparer les listes de députés polonais à la Diète prussienne et au Parlement du Reich avec celle des députés de la Ière République, pour constater que leur constitution était homologue. On choisissait pour députés des propriétaires terriens, des prêtres et parfois des avocats qui formaient au Parlement de Berlin un cercle polonais. Les relations sociales et politiques sur le territoire annexé par la Prusse sont fort bien exposées dans un reportage sur les élections d’un journaliste allemand du début du XXe siècle, décrivant un propriétaire terrien polonais monté sur le fourrager de paysans polonais : ils vont voter ensemble pour le candidat polonais à la Diète prussienne et au parlement du Reich. Rappelons, pour comparaison, que les députés polonais à Vienne n’étaient pas en mesure de former un cercle de députés polonais, faute de consensus sur un but politique commun pour la région qu’ils représentaient.

Il faut mentionner une autre spécificité polonaise inconnue dans d’autres pays européens. Le XIXe siècle en Pologne a été celui de la formation d’un groupe social qui a commencé à jouer un rôle dirigeant dans les différentes régions de Pologne : celui de l’intelligentsia polonaise. Ce groupe a commencé de façon naturelle à prendre, dans la conscience sociale, la place dirigeante de la noblesse. Il ne s’est pas transformé en élite naturelle, car dans la société des états, l’harmonie sociale venait d’un consensus sur les valeurs communes. Or le XIXe siècle est une époque où il y n’avait pas d’unité idéologique de l’ensemble de la société, ni en Europe ni en Pologne (la situation sur le territoire annexé par la Prusse était une exception) et la vie sociale prenait de plus en plus la forme de querelles sur tous les sujets possibles, allant de la question de l’existence de Dieu aux idées de Darwin, en passant par la lutte des classes. L’intelligentsia a obtenu sa position la plus forte à Varsovie, la ville de la plus forte croissance économique et la plus dynamique en Pologne à l’époque. La Mazovie, avec sa grande quantité de petits nobles et de nobles déchus après les grandes transformations économiques et sociales, liées à l’échec de l’ Insurrection de Janvier 1863, les nombreuses confiscations tsaristes et les très nombreuses faillites de propriétaires terriens consécutives à l’affranchissement des paysans, est devenue un réservoir immense pour ce groupe social émergent. L’intelligentsia de Varsovie se recrutait presque entièrement dans la noblesse mazovienne. Il suffit de rappeler que ses plus célèbres représentants étaient Henryk Sienkiewicz, Bolesław Prus ( alias Aleksander Głowacki) ou Roman Dmowski.

En même temps, l’enrichissement très rapide des villes et d’un groupe grandissant de bourgeois, souvent d’origine noble, a engendré un phénomène inconnu à cette échelle dans les autres parties de la Pologne, celui de l’achat des propriétés terriennes avec l’argent gagné en ville. Les propriétaires des plus grandes fortunes bourgeoises, tels les Kronenberg, Les Epstein, les Natanson ou les Berson, achetaient souvent des propriétés pour des raisons de pur prestige. Après l’enrichissement suivi par l’anoblissement et souvent par l’octroi d’un titre, cette démarche représentait le couronnement de la carrière sociale de quelques générations d’une même famille. L’histoire des Kronenberg, famille polonaise d’origine juive extrêmement patriotique, dont la carrière a été couronnée par un titre de baron et le blason des Strugi, venant du nom de la propriété terrienne qu’elle avait acquise, est un bon exemple du phénomène.

La conséquence de toutes les transformations sociales et économiques qui ont eu lieu du Moyen Age au XIXe siècle était la petite taille des propriétés terriennes en Mazovie. Alors qu’en Grande-Pologne, il serait difficile au XIXe et au XXe siècle de trouver des propriétés terriennes au-dessous de 300 hectares et que les fermes paysannes pouvaient atteindre jusqu’à 70 hectares, la propriété terrienne de plusieurs dizaines d’hectares, voire de cent ou de deux cents hectares était presque une règle en Mazovie. D’où le fait que les communistes, dans leur volonté d’éliminer la propriété terrienne qui était à la base de leur réforme agricole, ont exproprié en Grande Pologne les propriétaires au-dessus de 100 hectares alors qu’en Pologne Centrale et en Petite Pologne ils ont expropriés ceux qui étaient au-dessus de 50 hectares. Cette différence a montré clairement que les propriétaires terriens d’origine noble étaient considérés comme des ennemis du nouveau système politique et économique installé après la seconde guerre mondiale. La séculaire propriété terrienne de grande taille, chevalière ou nobiliaire, a connu en Pologne dans les années 1939 – 1944/45 une fin dramatique. Les Allemands en Pologne de l’ouest et les Soviétiques en Pologne centrale et de l’est ont mis fin à mille ans d’histoire.

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C’est presque sous nos yeux qu’ont disparu les derniers prétendants au titre d’empereur romain qu’étaient les empereurs autrichiens (le titre fut formellement perdu en 1806). Si encore dans les années soixante du XXe siècle, les propriétaires de titres aristocratiques dont le nom portait le préfixe „von” pouvaient plus facilement que quiconque s’attendre à un fauteuil au Conseil de Surveillance d’une banque ou d’une société anonyme en Allemagne et si , encore dans les années soixante, le carnet du jour dans „Le Figaro” était rempli d’annonces sur les baptêmes, mariages et décès aristocratiques, aujourd’hui les porteurs de titres aristocratiques ne peuvent pas compter en Allemagne sur une charge facile et les Français titrés ne veulent plus informer de leurs événements familiaux par la voie de la presse quotidienne. La dernière liquidation par le gouvernement socialiste en Angleterre de l’ancienne loi concernant les places héréditaires à la Chambre des Lords, a définitivement clos l’époque des privilèges héréditaires en Europe. Ainsi ont disparu les derniers signes d’une civilisation qui a duré en Europe d’une manière continue pendant des siècles, même si ce ne fut pas sans interférence, depuis ses débuts en Grèce et à Rome. Le vrai coup de boutoir donné à l’ordre de la société des états est venu de la Révolution Française qui a questionné de manière efficace l’autorité de l’élite ancienne: à sa place sont venues des élites professionnelles ou financières, avec leur versatilité idéologique et l’instabilité de leur situation sociale. Ce prix que l’humanité a du payer quand, là où régnait l’autorité jadis exercée par la noblesse et par l’Église, on a introduit le débat démocratique sur tous les sujets possibles a été aperçu par Alexis de Tocqueville, philosophe de l’histoire française du XIXe siècle, auteur de l’Ancien régime et la révolution et de De la démocratie en Amérique.

Sic transit gloria mundi.

Source: Communauté Franco-Polonaise

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